Il leur suffit quelques barres ou morceaux de murs pour s’amuser ! On parle d’une sorte de gymnastique urbaine appelée Parkour qui fait tache d’huile parmi les jeunes. Une pratique qui ne nécessite pas d’aptitudes particulières, seulement une bonne condition physique. Les exercices s’effectuent en fonction de l’âge du pratiquant et selon aussi sa condition physique. Rendu célèbre par le cinéma dans les années 2000, en France, il n’est connu dans le monde arabe qu’ultérieurement, en Egypte, 3 ans après.
Apprendre à sauter et à grimper pour devenir un vrai ninja warrior (guerrier ninja), mais quel rêve! Le parkour c’est un sport que le film Yamasaki (film français de Luc Besson), souvent sous-titré les Samouraïs des temps modernes, a fait découvrir aux plus grands nombres. Il s’agit simplement de passer d’un point A à un point B en s’accommodant au maximum de l’environnement urbain ou dans un cadre sécurisé pour s’entraîner à aller d’un mur à un autre, de monter, de descendre, d’aller d’un barre en acier à un autre…etc.
L’art du déplacement s’apparente, côté esthétique et free-style, au freerun. Yamasaki est seulement le nom du 1er groupe ayant dévoilé la pratique au grand jour. L’échauffement est obligatoire pour ne pas se blesser car cette discipline complexe mêle des techniques de gymnastique, d’escalade et d’arts martiaux. Bref, c’est tout le corps qui travaille.
Dans certaines professions, on la pratique pour s’entretenir et rester fort et en parfaite maîtrise de son corps. « Pour le Parkour, j’en fais à l’extérieur de base. Le problème de l’extérieur c’est ce qu’il fait peur : pas de matelas, c’est un peu dangereux », confie une jeune cascadeuse qui pratique cette discipline à fortes sensations pour éprouver le plaisir du danger, selon un reportage de CNEWS.
Plus que pour le côté sportif, les plus jeunes, eux, se passionnent pour le Parkour pour ses fortes sensations et l’adrénaline. « C’est vraiment très diversifié et, en même temps, on peut vivre une expérience à l’image de ce qu’on voit dans les missions de ninja warrior » lâche un adolescent de 14 ans.
Dans certains pays, le Parkour est accessible à tous à partir de 5 ans. Pour le pratiquer, il ne vous faut rien d’autre qu’un peu de courage et de savoir tomber sur vos pieds !
Le terrain de jeu favori c’est la ville ou plutôt ce qu’elle offre et souvent pas besoin de chercher bien loin : des murs, des toits de maisons ou d’immeubles, il y en a partout ! La prise de risques peut sembler importante, les pratiquants se défendent pourtant « chaque geste est calculé » !
« On examine d’abord le spot, on examine aussi le saut. On regarde plusieurs fois. Au début, on fait le saut que l’on juge ‘safe’ avant que le risque ne commence à nous tenter », lâche un jeune cascadeur, interviewé par France3 Grand Est. L’activité séduit de plus en plus chaque année. La Fédération de Parkour annonce plus que mille adhérents en France. Il y a une philosophie derrière cette discipline que seuls –peut-être- les traceurs voient dans cet art de déplacement. « Ça enseigne une philosophie derrière. C’est plein de respect, c’est plein d’humilité. Le respect de l’environnement. Le respect de toi face à l’obstacle, car sans obstacle, cette discipline n’aurait pas existé ! », explique un jeune traceur passionné du Parkour. Son plaisir est de naviguer de mur en barrière, escalader des murailles et sauter des escaliers. Parfois même, il se rend au haut d’un immeuble haut de 12 étages. Le but, admirer la vue oui, mais surtout faire face à l’appréhension et éprouver de fortes sensations en faisant jaillir son adrénaline ! « Le Parkour c’est 50% physique, 50% mental », renchérit le jeune pratiquant qui note que le but est aussi d’être apte à se mouvoir en toute situation et en toute circonstance, et sans danger ! Le problème est que la peur est un danger, alors il faut apprendre à dompter ses peurs. Entre technique, maîtrise du corps et gestion des émotions, cette discipline demande une grande maîtrise de soi.
Quant à Ahmad Imam, un coach de Parkour égyptien, il indique que ce sport à hauts risques a commencé à se propager en Egypte en 2003 parmi les jeunes. « Au début, des classes de Parkour étaient enseignées au Centre de Jeunesse à Tagammo’ Al-Khamis (Nouveau-Caire). C’étaient des classes pour femmes qui ont provoqué un large tollé suite à l’adhésion de nombreuses jeunes filles », se rappelle le coach.
Moustafa Hussein, un nutritionniste et entraîneur de Parkour, dit avoir commencé ses entraînements à partir de 2010. « Puisqu’on est dans une société orientale, le Parkour était à un moment limité aux seuls garçons. C’est une discipline que l’on considérait masculine en Egypte parce qu’un peu violente et dangereuse », ajoute Hussein, expliquant que s’ajoute à cela le fait que le terrain de jeu est la rue ! Donc l’idée qu’une fille se déplace en sautant d’un obstacle à l’autre dans la rue sous les instructions d’un entraîneur mâle était un peu trop curieuse à un certain moment au début de l’apparition de cette activité en Egypte.
« Je souhaite devenir la première professionnelle femme en Egypte », confie Rahma Ahmad, membre de l’équipe Parkour Egypte pour femmes. « Depuis presqu’un an et demi, je m’exerce pour réaliser mon rêve. J’ai atteint un niveau dont je suis satisfaite », se réjouit la jeune Rahma, citée sur le site officiel du journal Al-Youm Al-Sabie.